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L'Expérience de l'Abstraction53 minutes |
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Les artistes, comme tout le monde en Europe, avaient vécu les expériences traumatisantes de la deuxième guerre mondiale. En France, des artistes tels que Wols et Jean Fautrier essayèrent de tenir le coup dans le mouvement abstrait de l'après-guerre. Wols montrait sa vie de misère dans des oeuvres spontanées mais tourmentées: ses premières peintures à l'huile furent décrites comme les "quarante moments dans la crucifixion de l'homme". Jean Fautrier révéla une expérience similaire dans ses peintures d'otages. Puis vinrent les peintres de l'abstraction lyrique, Georges Mathieu, Pierre Soulages, Serge Poliakoff, Hans Hartung. L'expression abstraite de cette période transmettait une tentative d'échapper au monde qui les confrontait au problème de sa propre reconstruction. Très souvent, il résultait de cette tentative de fuite un dilemme: ainsi, Nicholas de Sta'l se suicida en 1951. Chaque artiste luttait pour trouver sa propre voie: Lucio Fontana en Italie, Antoni Tàpies en Espagne, Jean Dubuffet en France. Aux Etats-Unis, la révolution provoquée par les peintures de Pollock et de De Kooning conduisit à un nouvel humanisme, que l'on retrouve dans les peintures de Mark Rothko et Barnett Newman. A partir de ce moment-là, l'abstraction américaine évolua progressivement jusqu'à sa chute, en raison d'une pénurie d'idées et de nouvelles techniques. Après Clyfford Still, Sam Francis et Morris Louis, les formes furent simplifiées, les couleurs purifiées ; mais cette volonté de vouloir prendre de la distance, conduisit à un manque de sensibilité. Depuis Kenneth Noland jusqu'à Frank Stella, la peinture tournait en lignes parallèles en suivant les bords de la toile. C'est pendant cette période que Joseph Alber, qui auparavant avait été professeur au Bauhaus, consacra le reste de sa vie à rendre hommage au carré. Cet ascétisme atteignit son point culminant avec des oeuvres comme celles d'Ad Reinhardt, qui disait, "l'Art c'est l'Art. Toute autre chose est autre chose". Il peignait des toiles complètement noires en déclarant que c'était "la dernière peinture que quelqu'un puisse espérer ou vouloir peindre". Simultanément, les européens étaient attirés par la technologie. La peinture devenait un moyen de recréer le mouvement; l'art kinétique - kinetic du verbe grec qui signifie "bouger" - représentait l'école conduite par Vasarely. Les formes de l'énergie furent également utilisées : la force magnétique par Vassilakis Takis et Pol Bury, l'air dans le cas d'Alexandre Calder, et la lumière chez Julio Le Parc. Aujourd'hui le désir d'incorporer les oeuvres kinétiques dans la vie quotidienne représente toujours l'ultime but de l'expérience abstraite. Avec des séquences sur l'oeuvre de Bacon, Esteve, Riopelle, Piaubert, Lilyan Lijn, le groupe GRAV et beaucoup d'autres. ![]() Jackson Pollock Masculine, Feminine
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